Identifier et préparer le contenu pour la distribution numérique

par Anne Loi et Clem Hobbs (traduit de l’anglais)

Les créateurs de contenu de l’ère numérique ont de nombreux chats à fouetter. Auparavant, les producteurs devaient se concentrer sur la création de contenu linéaire, convaincre le plus large public et obtenir de bonnes cotes; toutefois dans le cadre du marché actuel, ils doivent faire tout ceci et bien plus encore! Dans un environnement où le public consomme le contenu « chaque fois qu’il le désire » et « où il le veut », les créateurs doivent s’assurer que leur contenu est offert dans le format technique le mieux adapté au nombre de plus en plus croissant de plateformes de distribution. ATTENDEZ! N’arrêtez pas de lire, nous savons ce que vous pensez, « nous sommes des CRÉATEURS » et non des techniciens; nous laisserons cela aux technophiles… Mauvaise réponse! À titre de producteur, votre objectif est de vous assurer que votre contenu est aussi largement distribué que possible, vous devez donc planifier avec minutie toute les étapes menant à la distribution ainsi que la distribution elle-même. Cela doit être une priorité et se trouver à l’avant-plan de vos préoccupations et non être fait après-coup. Il est vrai qu’à l’heure actuelle, les télédiffuseurs ne demandent pas tous les éléments de distribution numérique parce qu’ils réalisent souvent eux-mêmes le codage pour répondre à leurs propres spécifications. Cependant, quelques territoires, l’Europe en particulier, commencent à s’intéresser à la haute définition et aux autres formats numériques, ce n’est donc qu’une question de temps avant que les producteurs n’aient à fournir tous les éléments numériques. Ne vous inquiétez pas, l’aide est à portée de main. Continuez à lire ce document pour connaître des trucs que vous pouvez utiliser dès maintenant et qui vous aideront à donner le coup d’envoi à la planification de la distribution de vos contenus numériques.

Point principal à prendre en considération : suivi et analyse du trafic

Une des choses les plus importantes que vous pouvez faire pour vous assurer que votre contenu interactif peut être mis en marché et qu’il est exploité de la même façon que votre contenu linéaire, consiste à effectuer le suivi des jeux/activités interactifs en ligne et de les cataloguer de la même manière que vous le faites pour votre contenu linéaire. Le moyen par excellence d’organiser et de gérer vos produits interactifs consiste à d’abord les produire d’une façon modulaire de sorte qu’ils soient tous indépendants. Du point de vue de la distribution, cette façon de faire est plus logique et facilite la vente puisqu’il semble que la plupart des clients ne veulent plus un site Web complet. Une base de données adéquate (comme toute base de données linéaire de gestion des droits sur le contenu) doit être mise en place afin de contrôler la distribution de ces biens. Il est intéressant de remarquer que, en règle générale, les entreprises de distribution accepteront d’accorder une licence non exclusive pour le contenu interactif. C’est un avantage pour les producteurs de contenu, car cela leur permet d’étendre la portée du contenu interactif et, par conséquent, d’offrir une meilleure exposition (et par le fait même, accroître le potentiel des ventes). En outre, au moyen d’un système de suivi adéquat, il est possible d’obtenir une analyse significative de l’efficacité de chaque plateforme de distribution.

Parmi les autres choses que vous pouvez faire afin de vous assurer de meilleures occasions de distribution numérique, on retrouve :

Envisager le codage de votre production originale en fichier compressé Mezzanine.

Ce terme fait référence à un fichier numérique de qualité supérieure duquel sont dérivés tous les autres formats de livraison. Le processus de codage nécessite la lecture de la bande maîtresse à partir d’un magnétoscope répondant aux normes de l’industrie (Betacam numérique, HDCamSr, etc.) et l’envoi du signal à un système codeur. Ce dernier fait l’échantillonnage du signal d’entrée et crée un fichier numérique original selon le format choisi par l’utilisateur, par exemple en format MPG2. Certains codeurs peuvent créer de multiples formats en une seule phase de codage.

Une fois le fichier compressé mezzanine de haute qualité créé, il est utilisé comme source de transcodage pour la multitude de formats de livraison existants, par exemple WMV, QuickTime, H264, FLV, etc. Le fichier compressé mezzanine est également archivé, ce qui permettra le transcodage vers de nouveaux formats de livraison, et ce, au fur et à mesure de leur apparition.

Ça semble facile, n’est-ce pas? Eh bien comme dans la « vrai vie », il y a aussi des défis.

Investir dans la bande originale haute définition et le codage

Voici ce qui, au cours des dernières années, a constitué certains des plus grands défis auxquels ont été confrontés les producteurs en préparant leurs biens pour le marché :

Le montant qu’ils avaient les moyens d’investir en produisant leur contenu haute définition (HD), le choix de la taille des fichiers et le format adéquat aux fins de téléchargement en ligne ou de diffusion en mode continu et, bien évidement, la sempiternelle question des coûts, c’est-à-dire les coûts globaux du codage.

Bien que le prix de l’équipement d’édition et de codage HD ait significativement baissé, la responsabilité de ces coûts incombe toujours uniquement au producteur, et ce, sans qu’il ne bénéficie de revenus accrus lui permettant de les amortir.

Que doit donc faire un producteur? Voici quelques conseils utiles :

Pour la plupart des entreprises de production, qui impartissent généralement leurs activités de postproduction, la clé consiste à négocier d’avance avec la maison de postproduction afin d’obtenir le meilleur tarif qui soit, incluant les frais de codage, et d’incorporer ces coûts dans le budget de production. Les entreprises de postproduction sont plutôt concurrentielles de nos jours, ainsi la négociation constitue définitivement une option. Pour les producteurs qui commencent à construire leurs bibliothèques et à avoir des produits en demande sur le marché numérique (par exemple des courts métrages, des segments de style de vie, des émissions pour enfants), il peut être bénéfique d’investir dans de l’équipement de codage. Mettre sur pied une installation décente disposant de capacités HD devrait coûter dans le 35 000 $ Can. (comparativement au double il y a de cela environ un an).

Première étape – la prise de conscience

Vous êtes excité! Vous voulez prendre part à la valse numérique. Vous êtes prêt à investir dans la numérisation et vous vous sentez stimulé par toutes les occasions qui pourraient se présenter du fait que votre contenu serait prêt pour de multiples plateformes.

Mais attendez. Avant de passer à la prochaine étape, c’est-à-dire celle où vous hypothéquez à nouveau votre maison, utilisez vos cartes de crédit jusqu’à leur limite, ou abandonnez votre cours de yoga pour être en mesure de financer tout ceci, vous devez d’abord prendre en considération certains aspects plutôt importants. Par exemple, votre contenu est-il vraiment approprié pour les autres plateformes? Dans le modèle traditionnel de télévision, les heures et les demi-heures constituent généralement la norme. Mais le public ne retire pas nécessairement une expérience optimale en visionnant ces formats traditionnels sur d’autres plateformes. Selon la taille de l’écran des appareils, une partie du contenu ne peut tout simplement pas être lue, les producteurs doivent donc envisager cet aspect avant d’investir leurs ressources pour migrer leur contenu vers d’autres plateformes. Par exemple, les scènes de poursuite en voiture qui n’ont pas été montées, ou toutes les séquences rapides comportant beaucoup de bruit ne fonctionneront pas sur la plupart des écrans de cellulaires. Contrairement à ces dernières, les sketches comiques, eux, fonctionnent parfaitement bien sur un petit écran.

Contenu flexible pour une distribution multiplateforme

Il est difficile de produire dès le début un contenu destiné à des plateformes de livraison si variées; toutefois, le fait d’y réfléchir bien à l’avance procure d’énormes avantages en bout de ligne. En outre, un bon professionnel de l’édition, qui comprend ces procédés, est irremplaçable quand vient le moment d’accroître l’expérience de l’utilisateur.

Pendant la phase de production, la plupart des producteurs sont trop coincés financièrement pour penser à du contenu additionnel. Il est toutefois possible d’agir de façon stratégique au cours du processus de production (et même à l’étape de la rédaction du scénario) en s’assurant que le contenu est aussi flexible que possible pour une distribution multiplateforme. Pour les créateurs de contenu, l’objectif est toujours le même, c’est-à-dire attirer le public. Il est donc nécessaire de faire preuve d’ouverture d’esprit et d’une compréhension des principes de base de la vente pour réussir à créer du contenu multiplateforme qui est à la fois flexible et accrocheur. En voici quelques exemples :

Scénario : Mettez en valeur de courts segments ou des fins différentes, mais offrez-les uniquement sur le Web ou sur le DVD. Tournage : Profitez des différents angles de caméra afin d’avoir une « autre perspective » et invitez le public à interagir avec les personnages. Édition : Tirez profit des outils d’application composite (mash-up) et des blogues vidéo et placez stratégiquement du contenu passif à des fins d’occasion promotionnelle en ligne ou en ondes. Site Web : Réalisez une production modulaire de sorte que des parties de votre contenu puissent vivre n’importe où, même en tant que contenu téléchargeable.

Le mot de la fin pour les expérimentés du Web – gestion des droits et liens avec les télédiffuseurs

Vous avez donc effectué tout ce travail et dépensé tout cet argent pour numériser votre contenu et votre télédiffuseur veut en profiter sans contribuer financièrement? Bon nombre de producteurs d’émissions de télévision se plaignent que les télédiffuseurs détiennent trop de droits. Comme on le remarque dans de nombreux modèles américains, les télédiffuseurs possèdent actuellement les droits de la majorité du contenu produit professionnellement et insistent pour que les choses ne changent pas afin que cela demeure la façon la plus efficace d’effectuer la promotion. Cependant, de tous les droits détenus par les télédiffuseurs, seule une fraction de ceux-ci sont exploités, les télédiffuseurs sont donc essentiellement « des squatteurs de droits ». Du point de vue de nombreux producteurs, ceci limite gravement la visibilité de leur contenu sur d’autres plateformes. Toutefois, la vérité est que la plupart des télédiffuseurs veulent deux choses : augmenter la notoriété de leur marque et faire de l’argent. C’est plutôt ironique, puisque c’est également ce que veulent les producteurs de contenu. Puisqu’il en est ainsi, envisagez de collaborer avec votre télédiffuseur pour préparer une entente équitable de sorte que les droits numériques ne soient pas perdus.


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